L’implant phaque

Lorsque la correction est trop élevée pour un remodelage cornéen, ou que l’anatomie de la cornée contre-indique le laser, une lentille artificielle est placée à l’intérieur de l’œil — devant le cristallin naturel, qui est préservé intact. L’intervention est réversible.

Quand le laser
ne suffit pas

La chirurgie cornéenne au laser repose sur le retrait d’un volume de tissu cornéen. Cette ablation a une double limite : la correction souhaitée ne peut pas excéder ce que l’épaisseur et la biomécanique de la cornée permettent d’enlever de façon sécurisée, et certaines morphologies cornéennes contre-indiquent tout remodelage.

Dans ces situations, une lentille intraoculaire phaque — placée à l’intérieur de l’œil sans toucher à la cornée — permet d’atteindre des corrections inaccessibles au laser, avec un profil de sécurité différent et complémentaire.

01

Correction élevée

Myopies jusqu’à −18 D, hypermétropies élevées (sous réserve de l’anatomie adéquate) : la quantité de tissu cornéen à retirer dépasse la limite de sécurité biomécanique. L’implant phaque prend le relais sans contrainte cornéenne.

02

Cornée insuffisante

Cornée trop fine, irrégulière ou présentant une topographie évocatrice : le laser est contre-indiqué pour préserver l’intégrité structurelle de la cornée à long terme.

03

Sécheresse oculaire préexistante

La chirurgie de surface et le LASIK aggravent parfois une sécheresse oculaire existante. L’implant phaque, qui n’altère pas la cornée, entraîne moins de sécheresse postopératoire.

Proposé

ICL

Visian Implantable Collamer Lens — STAAR Surgical

Implant phaque ICL — coupe du segment antérieur Coupe du segment antérieur de l’œil : l’implant phaque ICL est positionné dans le sulcus, entre l’iris et le cristallin naturel conservé, en arrière de la cornée. IMPLANT PHAQUE (ICL) Une lentille devant le cristallin naturel Cornée intacte aucune incision de remodelage Chambre antérieure humeur aqueuse Iris Anses dans le sulcus appui en arrière de la racine de l’iris Implant phaque (ICL) lentille souple d’environ 50 µm épaisseur exagérée pour la lisibilité Cristallin naturel conservé intact, avec son accommodation Orifice central laisse circuler l’humeur aqueuse ; évite l’iridotomie préalable 1 mm — coupe à l’échelle Contrairement au laser, l’implant phaque ne modifie ni la cornée ni le cristallin. Il peut être retiré ou échangé.
Position de l’implant phaque, entre l’iris et le cristallin naturel

L’ICL est une lentille souple composée d’un matériau hybride — plastique et collamère (un collagène de synthèse biocompatible) — qui se plie pour être introduite dans l’œil par une micro-incision cornéenne de 2 à 3 mm. Une fois en place, elle se déploie et se positionne naturellement entre l’iris (la partie colorée de l’œil) et le cristallin naturel, qui est conservé intact avec sa capacité d’accommodation.

L’ICL travaille en complément du cristallin naturel : elle n’en prend pas la place, elle additionne sa puissance réfractive à la sienne pour amener le point de convergence exactement sur la rétine.

L’intervention est réalisée en ambulatoire, en salle d’opération stérile, sous anesthésie locale par collyres ou anesthésie générale, selon la préférence du patient. Les deux yeux sont traités le même jour.

Plage de correction

jusqu’à −18,00 D myopie
jusqu’à +10,00 D hypermétropie
astigmatisme modèle torique disponible

Avantages

  • Cornée non altérée — micro-incisions uniquement
  • Plage de correction très étendue
  • Sécheresse oculaire moindre qu’avec le laser
  • Cristallin naturel et accommodation préservés
  • Réversible : retrait ou échange possible
  • Qualité optique excellente, y compris pour les corrections élevées

Conditions préalables

  • Segment antérieur suffisamment profond pour loger l’implant en sécurité
  • Densité cellulaire endothéliale adéquate
  • Absence de cataracte ou de glaucome
  • Bilan anatomique complet obligatoire
Vidéo de présentation — ICL Source : Clinique Saint-Pierre Ottignies
Proposé

IPCL

Implantable Phakic Contact Lens — Care Group Sight Solutions

L’IPCL est une lentille phaque de seconde génération, développée après l’ICL de STAAR. Elle partage le même principe de positionnement dans la chambre postérieure, entre l’iris et le cristallin, et corrige les mêmes défauts réfractifs dans des plages comparables.

Sa conception intègre les retours d’expérience accumulés sur l’ICL : la lentille est plus fine en périphérie, son centrage est optimisé pour les chambres antérieures de géométrie variée, et sa conception torique (correction de l’astigmatisme) est particulièrement précise. Comme l’ICL, l’IPCL est biocompatible et peut être retirée ou échangée si nécessaire.

Le choix entre ICL et IPCL est déterminé lors du bilan préopératoire, en fonction des caractéristiques anatomiques de l’œil, de la correction souhaitée et de la disponibilité des modèles pour la puissance requise. Les deux options sont discutées en consultation.

ICL vs IPCL — ce qui diffère

  • Fabricant différent → calcul de puissance indépendant
  • Profil de bord et géométrie légèrement distincts
  • Disponibilités de stock et délais de commande variables
  • Les deux sont posées dans la chambre postérieure
  • Les deux sont réversibles

À noter

Les données de suivi à long terme sont plus étendues pour l’ICL (sur le marché depuis les années 1990) que pour l’IPCL (plus récente). Cette différence est prise en compte dans la discussion préopératoire.

Les trois conditions anatomiques de l’implant phaque Trois vues. La première mesure la profondeur de la chambre antérieure, entre la face interne de la cornée et la face avant du cristallin. La deuxième montre la mosaïque des cellules de la face interne de la cornée, dont la densité doit offrir une réserve suffisante. La troisième mesure, après la pose, l’espace laissé entre l’implant et le cristallin. Les trois conditions anatomiques Ce n’est pas la correction qui décide si l’implant convient : c’est l’anatomie de l’œil. LA PLACE DISPONIBLE au moins 2,8 mm profondeur de chambre antérieure L’implant doit se loger sans jamais toucherla cornée. Une chambre trop étroite écarted’emblée cette solution. LA RÉSERVE CELLULAIRE réserve suffisante pour l’âge densité des cellules de la face interne Ces cellules ne se renouvellent pas. Leurdensité doit permettre de tenir toute la vie,implant compris. LA DISTANCE APRÈS LA POSE 250 à 750 µm espace entre l’implant et le cristallin Trop près, l’implant expose le cristallin ;trop loin, il repousse l’iris. Cette distancese contrôle après la pose. Ces trois mesures se prennent avant la pose et se recontrôlent ensuite. Elles pèsent autant que la correction elle-même : un œilparfaitement corrigible, mais trop étroit ou dont la réserve cellulaire est basse, ne relève pas de l’implant phaque. C’est là quese joue l’essentiel de la décision, bien avant le choix de la puissance.
Les conditions anatomiques d’un implant phaque
L’orifice central de l’implant phaque Trois vues. Sans orifice central, l’humeur aqueuse produite derrière l’iris ne peut pas franchir l’implant : il fallait percer l’iris en périphérie avant la pose. Avec l’orifice central, le liquide traverse l’implant et la circulation se rétablit sans geste préalable. Vu de face, cet orifice se trouve au centre de la zone optique, ce qui peut provoquer des halos pendant les premières semaines. L’orifice central de l’implant Pourquoi il existe — et ce qu’il coûte du côté optique. SANS ORIFICE CENTRAL il fallait percer l’iris avant la pose L’humeur aqueuse, produite en arrière del’iris, doit rejoindre l’avant de l’œil. Unimplant plein barre ce passage. AVEC ORIFICE CENTRAL la circulation se rétablit d’elle-même L’orifice rend le passage au liquide.Aucune iridotomie préalable n’estnécessaire. VU DE FACE pupille dilatée l’orifice se situe dans l’axe optique Il traverse la zone optique. Des halos sontpossibles les premières semaines, puis lagêne s’atténue. L’orifice central a supprimé un geste préalable au laser et le risque d’hypertonie par blocage. Il a aussi fait quasimentdisparaître les opacifications du cristallin qui pouvaient survenir après la pose. En contrepartie, il se trouve dans l’axedu regard : quelques semaines d’adaptation sont fréquentes, surtout la nuit. C’est un échange, pas un progrès sans revers.
L’orifice central de l’implant
Vision nocturne et neuroadaptation À gauche, la même source lumineuse vue de nuit selon le type d’implant : point net avec un implant monofocal, halo discret avec un foyer étendu, anneaux concentriques avec un trifocal. En dessous, une courbe montre que la gêne perçue diminue fortement au cours des premiers mois puis se stabilise à un niveau faible mais non nul chez une minorité de patients. Vision nocturne et neuroadaptation La même source lumineuse, la nuit, selon le profil optique de l’implant. MONOFOCAL Point lumineux net, léger voile possible. FOYER ÉTENDU Halo discret, parfois une traînée. TRIFOCAL Anneaux concentriques autour des sources. Représentation schématique d’un phare de voiture vu de nuit. CE QUE DEVIENT LA GÊNE AVEC LE TEMPS premières semaines 3 à 6 mois au-delà gêne nulle reliquat chez une minorité Le cerveau apprend à ignorer ces images parasites : la gêne s’atténue nettement au fil des mois, sans disparaîtrecomplètement chez tout le monde. Si elle reste invalidante, l’implant peut être changé — c’est une seconde chirurgie intraoculaire.
Vision nocturne et neuroadaptation
Ce qui peut être défait et ce qui ne peut pas l’être Trois coupes comparées. Le laser cornéen retire définitivement du tissu de la cornée, dont le profil initial est figuré en pointillés. L’implant ICL est ajouté derrière l’iris, devant le cristallin conservé, et peut être retiré. L’échange de cristallin retire le cristallin, remplacé par un implant dans le sac capsulaire : le geste ne se défait pas, même si l’implant reste changeable. Ce qui peut être défait — et ce qui ne peut pas l’être Trois voies chirurgicales, trois degrés de réversibilité. LASER CORNÉEN en pointillé : le profil cornéen initial (retrait exagéré pour la lisibilité) Le laser retire définitivement du tissu cornéen. Le geste ne se défait pas ; une retouche reste possible si l’épaisseur le permet. IMPLANT ICL cristallin naturel conservé L’implant est ajouté derrière l’iris, devant le cristallin qui reste en place. Il peut être retiré : l’œil revient à son état antérieur. ÉCHANGE DE CRISTALLIN cristallin retiré, sac capsulaire conservé Le cristallin est retiré. Cela ne se défait pas. L’implant, lui, peut être changé — au prix d’une seconde chirurgie intraoculaire. RETIRABLE DÉFINITIF Implant ICL Échange de cristallin* Laser cornéen * Le cristallin retiré ne se remet pas ; seul l’implant reste changeable.
Ce qui peut être défait et ce qui ne peut pas

Une intervention
réversible

Contrairement à la chirurgie cornéenne, qui modifie définitivement la forme de la cornée, l’implant phaque peut être retiré ou échangé par un geste chirurgical simple. Cette réversibilité est un avantage réel dans plusieurs situations : évolution de la réfraction avec l’âge, développement d’une cataracte nécessitant le remplacement du cristallin, ou simple souhait du patient.

Elle ne signifie pas que l’intervention est sans conséquence ni que le retrait est systématiquement recommandé — mais elle offre une flexibilité que la chirurgie cornéenne ne peut pas proposer.

Implant phaque Réversible

Retrait ou échange possible par chirurgie simple

Laser cornéen Irréversible

Tissu cornéen retiré définitivement

Remplacement de cristallin Irréversible

Cristallin naturel retiré et remplacé

L’anatomie de votre œil
détermine l’indication

La profondeur du segment antérieur, la densité cellulaire endothéliale et la réfraction souhaitée sont les paramètres clés. Ils sont mesurés lors du bilan préopératoire, avant toute décision chirurgicale.

Une cornée que le laser ne peut pas remodeler

Le kératocône →

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un implant phaque, et en quoi diffère-t-il du laser ?

Un implant phaque est une lentille artificielle placée à l’intérieur de l’œil, devant le cristallin naturel — qui est conservé intact, avec sa capacité d’accommodation. Là où le laser corrige en retirant du tissu cornéen, l’implant n’altère pas la cornée : il ajoute sa puissance à celle de votre œil. C’est une approche au profil de sécurité différent et complémentaire du laser.

Quand le laser ne suffit-il pas ?

L’implant prend le relais dans trois situations principales : une correction trop forte pour être obtenue en préservant assez de cornée (jusqu’à −18 dioptries de myopie pour l’ICL, encore plus pour l’IPCL) ; une cornée trop fine, irrégulière ou dont la topographie contre-indique le remodelage laser; ou une sécheresse oculaire sévère préexistante que le laser pourrait aggraver. C’est l’indication, déterminée par le bilan, qui précède la technique.

Mon cristallin naturel est-il retiré ?

Non — et c’est ce qui distingue l’implant phaque de la chirurgie du cristallin. Votre cristallin naturel reste en place et conserve son accommodation ; l’implant se positionne devant lui, entre l’iris et le cristallin, et travaille en complément.

Est-ce réversible ?

Oui, c’est un avantage distinctif. Contrairement au laser qui modifie la cornée définitivement, l’implant peut être retiré ou échangé par un geste chirurgical simple — en cas d’évolution de la réfraction avec l’âge, de cataracte à traiter plus tard, ou sur votre souhait. Cela ne signifie pas que l’intervention est sans conséquence, mais elle offre une flexibilité que la chirurgie cornéenne ne permet pas.

L’implant peut-il provoquer une cataracte ? Et plus tard, quand la cataracte arrivera ?

Historiquement, la proximité de l’implant avec le cristallin pouvait favoriser une cataracte. Les implants modernes sont dotés d’un orifice central (appelé Aquaport) qui rétablit la circulation du liquide intraoculaire et a quasiment supprimé ce risque pour la version myopique. Et si une cataracte devait survenir avec l’âge, l’implant est simplement retiré au moment de l’opération de la cataracte, qui se déroule alors de façon classique.

Le sent-on, le voit-on ?

Non. Placé derrière l’iris, l’implant est invisible à l’œil nu et vous ne le sentez pas.

ICL ou IPCL : quelle différence ?

Les deux sont des implants phaques placés au même endroit, sur le même principe, et corrigent des défauts comparables. L’IPCL est plus récent, au profil de bord et au centrage affinés ; l’ICL bénéficie d’un recul de suivi plus étendu, présent depuis les années 1990. Le choix se décide au bilan, selon l’anatomie de votre œil, la correction souhaitée et la disponibilité des modèles.

Qu’est-ce qui conditionne l’éligibilité, et quel suivi ensuite ?

Trois paramètres sont déterminants, mesurés au bilan préopératoire : un segment antérieur assez profond pour loger l’implant en sécurité, une densité suffisante des cellules de l’endothélium cornéen, et l’absence de cataracte ou de glaucome.

L’intervention est-elle douloureuse ? Combien de temps dure-t-elle ?

Elle se déroule en ambulatoire, en salle d’opération stérile, sous anesthésie locale par gouttes (ou générale selon votre préférence), par une micro-incision de 2 à 3 mm. Elle n’est pas douloureuse et ne dure que quelques minutes par œil.

Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?

Oui : les deux yeux sont traités au cours de la même journée.

Quand vais-je récupérer ma vision ?

La récupération est généralement rapide, la vision s’éclaircissant dès les premiers jours.

Vais-je avoir une sécheresse oculaire ou des halos la nuit ?

La cornée n’étant pas modifiée, la sécheresse oculaire est moins fréquente qu’après un laser. En revanche, l’orifice central de l’implant peut provoquer des halos lumineux marqués durant les premiers jours à semaines ; ils s’atténuent ensuite, et ne persistent que rarement à plus long terme.

Quel est le risque de complication grave ?

Comme toute chirurgie intraoculaire, la pose comporte des risques spécifiques — élévation de la pression intraoculaire, inflammation — que le suivi permet de surveiller. Il arrive aussi que, pour obtenir le positionnement optimal, l’implant doive être retiré puis remplacé par un autre d’une dimension différente : c’est un peu plus fréquent que la nécessité d’une retouche après un laser. La réversibilité de l’implant est précisément ce qui rend cet ajustement possible.

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