La chirurgie
au laser
Le laser Excimer remodèle la cornée avec une précision inférieure au micromètre pour corriger myopie, hypermétropie et astigmatisme. Plusieurs techniques partagent ce principe, mais diffèrent par leur accès au tissu cornéen, leur profil de sécurité et leur cinétique de récupération.
Comment le laser
remodèle la cornée
Le laser Excimer fonctionne par photoablation : chaque impulsion vaporise une couche de tissu cornéen de quelques micromètres d'épaisseur, sans échauffement ni traumatisme mécanique pour les tissus adjacents. En modifiant la courbure de la cornée, on déplace le point de convergence des rayons lumineux exactement sur la rétine.
La quantité de tissu retirée dépend de la correction souhaitée : environ 12 µm par dioptrie de myopie au centre de la zone de traitement. L'épaisseur cornéenne résiduelle après traitement est l'un des paramètres clés du bilan préopératoire — elle conditionne la sécurité biomécanique à long terme.
Toutes les techniques laser partagent ce même principe physique. Ce qui les distingue, c'est la façon dont elles accèdent au stroma, la couche intermédiaire de la cornée où la photoablation est réalisée.
Correction possible
Myopie jusqu'à −8 D
Hypermétropie jusqu'à +3 D
Astigmatisme jusqu'à 4 D cyl.
Condition préalable
Cornée d'épaisseur et de biomécanique suffisantes. Réfraction stable depuis au moins 12 mois. Bilan préopératoire obligatoire.
transPRK
Kératectomie photoréfractive transépithéliale — chirurgie de surface sans contact
Dans la transPRK, le laser Excimer retire simultanément l'épithélium cornéen (la couche superficielle) et remodèle le stroma sous-jacent, en un seul passage laser continu. Aucun instrument chirurgical ne touche l'œil : il n'y a ni brosse mécanique, ni alcool, ni découpe d'un volet.
L'épithélium, retiré par le laser, se régénère naturellement en trois à cinq jours sous une lentille pansement. Durant cette phase, le patient ressent une gêne ou une douleur modérée — comparable à une sensation de corps étranger — qui cède progressivement à mesure que l'épithélium se referme.
La vision reste floue pendant une dizaine de jours et variable pendant deux à quatre semaines, le temps que la surface cornéenne se stabilise. Des collyres anti-inflammatoires et antibiotiques sont instillés plusieurs fois par jour pendant quelques semaines.
Avantages
- Aucune découpe : intégrité biomécanique préservée
- Pas de complications liées à un volet cornéen
- Moins de sécheresse oculaire post-opératoire
- Préserve davantage de tissu stromal résiduel
- Profil de sécurité établi sur plusieurs décennies
Inconvénients
- Gêne ou douleur modérée les 2–3 premiers jours
- Récupération visuelle lente (2–4 semaines)
- Instillation de collyres rigoureuse et prolongée
- Vision fluctuante pendant la phase de cicatrisation
FemtoLASIK
Laser In Situ Keratomileusis — découpe par laser femtoseconde
Le FemtoLASIK se déroule en deux temps. Un laser femtoseconde découpe d'abord un fin volet circulaire dans la cornée (le « flap »), d'environ 110 µm d'épaisseur. Ce volet est soulevé, le laser Excimer remodèle le stroma exposé, puis le volet est repositionné. Il adhère spontanément sans suture.
La récupération visuelle est rapide : la majorité des patients retrouvent une vision fonctionnelle en 24 heures, avec peu ou pas de douleur. C'est l'avantage principal de cette technique par rapport à la chirurgie de surface.
En contrepartie, le volet cornéen ne retrouve jamais sa solidité initiale. Les nerfs cornéens sont sectionnés lors de sa création, ce qui augmente le risque de sécheresse oculaire post-opératoire — parfois persistante. Un traumatisme oculaire peut théoriquement déplacer le volet des années après l'intervention, même si ce risque reste rare.
Avantages
- Récupération visuelle rapide (24–48 h)
- Peu ou pas de douleur post-opératoire
- Reprise des activités rapide
Inconvénients
- Découpe d'un volet : complications possibles (déplacement, inflammation d'interface)
- Section des nerfs cornéens → sécheresse oculaire plus fréquente
- Volet permanent : fragilité résiduelle à long terme
- Moins de tissu stromal résiduel disponible
KLEx
Keratolenticule Extraction — extraction d'un lenticule intracornéen
Le KLEx — également commercialisé sous les noms SMILE (Zeiss) ou CLEAR (Ziemer) selon le fabricant — repose sur un principe différent : un laser femtoseconde sculpte un lenticule (une fine lentille de tissu cornéen) à l'intérieur du stroma, sans ouvrir la surface. Ce lenticule est ensuite extrait par une petite incision de 2 à 4 mm.
Il n'y a ni ablation de surface (pas d'épithélium retiré) ni volet cornéen : la surface de l'œil reste intact. Cette approche offre un avantage théorique en termes de stabilité biomécanique et de sécheresse oculaire par rapport au LASIK avec un confort équivalent.
En revanche, le KLEx reste inférieure à la transPRK sur ces deux points et ne permet pas de retouche laser directe si le résultat n'est pas parfait.
Avantages théoriques
- Pas de volet, pas d'ablation de surface
- Stabilité biomécanique meilleure qu'avec le LASIK
- Sécheresse oculaire moindre qu'avec le LASIK
- Récupération plus rapide qu'une chirurgie de surface
Limites
- Retouche par laser de surface plus complexe
- Stabilité biomécanique inférieure à la transPRK
- Plus de sécheresse oculaire qu'avec la transPRK
Cette technique n'est pas proposée actuellement dans le cadre de la pratique du Dr Balon. Les patients candidats à une chirurgie cornéenne se voient proposer la transPRK ou le FemtoLASIK selon leur bilan préopératoire.
PresbyLasik
Correction de la presbytie par ablation multifocale de la cornée
Le PresbyLasik — dont le module PresbyMAX est une des implémentations — est une variante du profil d'ablation laser conçue pour compenser la perte d'accommodation liée à la presbytie. Au lieu d'une ablation uniforme, le laser crée un profil cornéen multifocal : une zone centrale optimisée pour la vision de près, et une zone périphérique pour la vision de loin.
Cette approche s'adresse aux patients presbytes souhaitant réduire leur dépendance aux lunettes de lecture, qu'ils soient également myopes, hypermétropes ou astigmates. Elle peut être réalisée en complément d'un traitement transPRK ou LASIK.
Le cerveau doit s'adapter à cette nouvelle organisation du point de convergence : une période de neuroadaptation est nécessaire, généralement de quelques semaines à quelques mois. Tous les patients ne s'y adaptent pas avec la même facilité. Une gêne en vision nocturne (halos, éblouissements) est possible et s'atténue avec le temps.
À retenir
La presbytie résulte du vieillissement du cristallin, et non de la cornée. Le PresbyLasik agit sur la cornée pour compenser cette perte d'accommodation, sans en traiter la cause. Avec l'âge, la presbytie continue d'évoluer : le résultat fonctionnel est donc susceptible de se modifier au fil du temps, même après une chirurgie réussie.
Pourquoi la transPRK
est ma technique de choix
Le FemtoLASIK offre une récupération visuelle plus rapide et un confort post-opératoire supérieur dans les premiers jours. Ce sont des avantages réels que je n'ignore pas. Pourtant, pour la grande majorité des patients, je privilégie la transPRK — et voici les raisons médicales qui guident ce choix.
Aucun instrument ne touche l'œil
La transPRK est réalisée entièrement au laser, sans découpe mécanique ni manipulation de la surface cornéenne. Cette absence de contact réduit la variabilité liée au geste chirurgical et élimine une catégorie entière de complications potentielles.
Pas de volet cornéen permanent
Le volet créé lors d'un LASIK ne se soude jamais complètement. Il reste une interface permanente, susceptible d'être déplacée par un traumatisme — même mineur, même des années après l'intervention. Pour les patients actifs ou pratiquant des sports de contact, ce risque résiduel n'est pas négligeable.
Meilleure préservation des nerfs cornéens
La découpe du volet LASIK sectionne un grand nombre de nerfs cornéens, ce qui explique la sécheresse oculaire post-opératoire plus fréquente et plus intense qu'après transPRK. Pour les patients qui présentent déjà une sécheresse oculaire préexistante, cela peut être déterminant dans le choix de la technique.
Intégrité biomécanique préservée
En l'absence de volet, la résistance structurelle de la cornée est mieux préservée après transPRK. Ce paramètre est particulièrement important pour les corrections élevées ou les cornées à la limite de l'indication, où chaque micromètre de tissu résiduel compte.
Résultats à long terme équivalents
Les études comparatives montrent que les résultats réfractifs à un an et au-delà sont comparables entre transPRK et FemtoLASIK. La lenteur de la récupération initiale ne préjuge pas de la qualité du résultat final. C'est un inconfort temporaire, pas un compromis sur l'efficacité.
Ce que cela implique pour vous
Choisir la transPRK, c'est accepter une semaine de récupération plus contraignante — collyres fréquents, lentille pansement, vision floue — en échange d'un profil de risque chirurgical que j'estime plus favorable sur le long terme. Je l'explique systématiquement en consultation, et le choix final appartient toujours au patient.
Il existe des situations où le FemtoLASIK reste l'indication la plus adaptée — épaisseur cornéenne permettant un volet confortable, contraintes professionnelles imposant une récupération rapide. Dans ces cas, je le propose. L'indication précède toujours la préférence.
Votre bilan préopératoire
détermine la technique
Topographie cornéenne, pachymétrie, biomécanique, aberrométrie : l'examen préopératoire est l'étape qui conditionne toute la suite. Contactez-nous pour organiser une consultation.