Les érosions cornéennes
récidivantes

Quand la même douleur revient, réveil après réveil.

On parle d’érosions cornéennes récidivantes lorsque l’épithélium — le revêtement de surface de la cornée — se rompt de façon répétée, faute d’adhérer solidement à sa couche d’appui. C’est un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de symptômes qui peut avoir plusieurs origines : le plus souvent une ancienne blessure superficielle (ongle, coin de feuille, branche), ou une dystrophie de la membrane basale sous-jacente.

Le tableau est très caractéristique. Une douleur brutale au réveil, au moment précis où vous ouvrez les yeux : la paupière, en se soulevant, décolle l’épithélium fragile. La douleur s’accompagne de larmoiement, d’une forte sensibilité à la lumière, d’une sensation de corps étranger et parfois d’une vision brouillée le temps de l’épisode.

Entre les crises, l’œil est souvent normal. C’est le caractère répété et imprévisible de ces épisodes — et parfois l’appréhension du réveil qu’ils finissent par installer — qui pèse le plus au quotidien.

Pourquoi cela survient

Après une érosion cicatrisée, ou sur une membrane basale fragile, l’épithélium ne se réancre pas fermement. La nuit, l’œil se dessèche et la couche superficielle adhère à la paupière ; au réveil, le mouvement des paupières suffit à l’arracher de nouveau.

Ce que l’on tente d’abord

La prise en charge est progressive, et commence toujours par les mesures les moins invasives :

  • lubrification intensive dans la journée, pommade épaisse au coucher ;
  • collyre ou pommade à forte concentration en sel, pour réduire le gonflement de l’épithélium et favoriser son adhérence ;
  • lentille de protection portée sur une durée définie, le temps qu’une adhérence solide se reconstitue ;
  • pour une zone limitée, hors de l’axe visuel, de micro-ponctions superficielles peuvent créer des points d’ancrage.

Beaucoup de patients sont soulagés durablement à ce stade, sans jamais avoir besoin de laser.

Pourquoi la douleur survient au réveil dans les érosions cornéennes récidivantes Deux coupes de la surface cornéenne comparées. À gauche, la nuit : la paupière fermée repose sur l’épithélium, dont l’ancrage à la membrane basale est rompu sur toute une zone centrale, signalée par des attaches interrompues. À droite, au réveil : la paupière se relève, la portion d’épithélium à laquelle elle adhérait est arrachée et se soulève en lambeau, laissant la membrane basale et les terminaisons nerveuses à nu sur une large surface, ce qui provoque la douleur. Chaque coupe montre l’épithélium, la membrane basale et le stroma. La nuit un ancrage fragile paupière fermée adhérence insuffisante La nuit, l’épithélium adhère mal à sa couche d’appui. Au réveil la paupière emporte la couche superficielle ouverture érosion → douleur cornée mise à nu Au réveil, l’ouverture de la paupière décolle cette couche et met la cornée à nu. Épithélium Membrane basale Stroma Ancrage rompu
Pourquoi la douleur survient au réveil De la nuit au réveil : un épithélium mal ancré se soulève à l’ouverture des yeux.

La PTK est proposée lorsque les érosions restent fréquentes malgré ces mesures, ou lorsqu’elles sont diffuses et liées à une dystrophie. Le laser retire l’épithélium instable et la couche d’appui anormale ; la surface, régularisée, permet à un nouvel épithélium de se fixer plus solidement.

L’objectif est de faire cesser, ou espacer nettement, les épisodes douloureux et de vous rendre des réveils et une vision stables. C’est l’une des indications de la PTK dont les résultats sont les plus favorables — une amélioration durable étant obtenue dans une majorité de cas, sans garantie absolue, et avec la possibilité de répéter le geste si nécessaire.

Ce qu’il faut savoir de ses limites

Une récidive reste possible, la fragilité de fond pouvant persister. Comme toute PTK, un léger décalage vers l’hypermétropie est possible et s’anticipe. Les suites sont celles d’une transPRK : quelques jours de gêne le temps de la cicatrisation.

Je cherche d’abord l’origine — cicatrice ancienne, dystrophie — car elle oriente le traitement. La cartographie de la cornée précise l’étendue de la zone fragile. Le choix entre mesures conservatrices, geste localisé et PTK se décide avec vous, en fonction de la fréquence des crises et de leur retentissement.

Des douleurs qui reviennent au réveil ?

Prendre contact

Une cause fréquente de ces érosions

La dystrophie de Cogan →

Revenir à la vue d’ensemble

La PTK — surface cornéenne →
Sur cette page